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Las Vegas, l’envers du décor : quand le rêve se transforme en cauchemar

Edouard Lopez 22 mai 2017 - 11:22:08

Las Vegas, cette ville si scintillante qui en fait rêver plus d’un… Ses stars et ses casinos par centaines, ses folles soirées qui s’éternisent jusqu’au bout de la nuit, ses mille et une lumières et jackpots qui font tourner la tête… La Ville du péché a toujours été LA référence dans l’univers du casino. Combien de fois avez-vous rêvé de vous envoler de l’autre côté de l’Atlantique pour découvrir toutes les surprises de cette cité éblouissante ? Magie, mais pas pour tout le monde… Suite à la crise économique de 2008, la belle de nuit est devenue une terre d’accueil pour de nombreuses âmes perdues, qui croient dur comme fer à cette magie envolée. Las Vegas, entre espoir et désillusion, découvrez-en plus sur cette face cachée, peu connue du grand public.

Meth & égouts, le quotidien de nombreux habitants

Rendez-vous dans la rue légendaire des casinos au bout du Strip, nous y retrouvons les superbes jets privés, dont celui de Céline Dion, Britney Spears et de tous les grands winners de Vegas. Marchons deux pas de plus, nous tombons sur des centaines de touristes se prenant en photo, devant le célèbre panneau lumineux leur souhaitant la bienvenue dans la ville du péché, le temple des Enfers…

« Trois années après la récession de 2008, près de 13% des habitants de Vegas vivaient sous le seuil de pauvreté. Entre 2000 et 2011, les chiffres ont totalement explosés en atteignant les 101,7% dans le centre-ville et 139,3% en banlieue. »

John, 57 ans, n’a pas besoin de prendre de selfie, puisque l’enfer, c’est son quotidien. Travaillant dans la petite épicerie d’une station-service de 23 heures au petit matin, 7 jours sur 7, cet Américain évoque son boulot comme le « graveyard shift », signifiant le cimetière. Pour réussir à tenir ce rythme de folie tous les jours, l’équipe de nuit se tournent vers le méthamphétamine (la meth) plutôt que le café, une drogue dure qui fait énormément de ravages.

À la fin de son poste, ce dernier n’a pas d’autres choix que de descendre à six pieds sous terre pour retrouver son « lit », un matelas à même le sol. Cette histoire n’est malheureusement pas la seule dans cette cité des néons, qui promet mille et un rêves prometteurs.

Bien loin de la vie et de la lumière de Vegas

Des chiffres alarmants ont récemment mis en avant ce problème : surnommés les « hommes-taupes », ils sont des milliers à avoir trouvé refuge dans les 8 000 kilomètres de galeries souterraines, fuyant la société, les dettes et souvent leurs propres démons : l’apothéose de la dualité « Gratte-ciels VS égouts ». Trois années après la récession de 2008, près de 13% des habitants de Vegas vivaient sous le seuil de pauvreté. Entre 2000 et 2011, les chiffres ont totalement explosés en atteignant les 101,7% dans le centre-ville et 139,3% en banlieue.

Le reportage « Dans les Tunnels de Las Vegas » retranscrit d’ailleurs plutôt bien, ce problème sociétal, qui prend de plus en plus d’ampleur au Nevada :

Ces chômeurs, drogués, exilés, artistes mal arrimés, travailleurs précaires et échappés de l’asile tentent de survivre comme ils le peuvent, comme l’explique Angel, cette dame d’un certain âge, ancienne inspectrice de santé publique, mise à la porte et vivant aujourd’hui sur le trottoir : « Nous avons été beaucoup à croire en Vegas et son plein-emploi… La crise a frappé et nous nous sommes retrouvés coincés au bon milieu du désert. Quand vous vous retrouvez dans la pauvreté, les mauvais choix se font très rapidement : prostitution, argent facile, alcool, drogue… ».

Si, finalement, c’est toujours la maison [le casino] qui gagne, lorsque la misère frappe, c’est vite oublié…

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